mardi 26 février 2008

Mangez des graines !!!

Les peuples méditerranéens sont des gens férus de graines de toutes sortes: graines à tournesol, graines à picorer, graines à partager ... sans oublier cette fameuse graine de couscous (à ne surtout pas laisser dans la pénombre de la malle arrière de sa voiture).

Et bien derrière cette activité "grainique", il me semble que tout est dit quant au succès mérité que connaît ce film auprès du public français. Cette pratique fait en effet référence à un mode de vie que nous avons perdu en France (et nombres d'autres pays dits "développés"). Avez-vous tenté l'expérience d'acheter ne serait-ce qu'un demi kilo de graines de tournesol, et de le terminer avant la fin de la journée ? Oubliez alors votre planning du jour car il va passer à la trappe. Vous allez me répondre, "je ne vais quand même pas gâcher plusieurs heures de mon temps à bouffer ces cochonneries ...". Et pourquoi pas ?

Le principal fait marquant de ce film est le rapport au temps de ses personnages. En apparence, ils semblent le perdre. Comment un homme peut-il faire preuve d'autant de patience, pour être resté "toute sa vie" sur le même chantier ? Comment cette famille trouve-t-elle le temps de se réunir chaque dimanche autour de la même table ? Comment cette équipe de retraités ne trouve-t-elle rien de mieux à faire que de regarder le monde tourner autour de quelques olives ? N'ont-ils vraiment aucune ambition ?

Pourtant de l'ambition, et elle s'avère payante à la fin du film. Votre famille aurait-elle été capable d'un tel tour de force? Or pour y arriver, il nous faut acquérir de la patience, de l'abnégation, de la ténacité, et de la croyance en un idéal. Tout ne se fait pas en un jour, rien ne sert de "zapper" d'objectif tous les quatre matins. Tenez-vous en à votre idée première, avancez et ... persévérez.

Mais plus que tout, il y a l'amour, l'amour d'une famille, si fragile en apparence, qui se révélera plus solide qu'un diamant face aux épreuves de la vie. Cette force familiale, c'est de "la bombe en barre". Et elle nous manque cruellement aujourd'hui, dispersés que nous sommes dans toutes nos familles recomposées. N'avez-vous pas ressenti une forme de vibration intérieure lors de la dernière scène du film? Tous les rouages posés avec minutie par ce père auprès de son entourage se mettent en branle, toutes ces graines semées commençant à germer, toute l'ambition d'une vie prend éclatant au grand jour. Et elle le lui rend bien.

Il ne parle pas, il ne s'éparpille pas, il picore ... et il agit !

dimanche 24 février 2008

Rumania Dreaming

Quoi de mieux que de découvrir un pays à travers ... son train ?

Plusieurs thèmes sont ainsi abordés dans la vidéo proposée ci-dessous : la lenteur du trajet et ses multiples arrêts en rase campagne, l'insécurité liée aux portes du wagon grandes ouvertes et donnant directement sur l'extérieur, la simplicité spartiate des toilettes (un trou, à travers lequel on perçoit directement la voie de chemin de fer), un système de chauffage détraqué transformant le compartiment en un véritable sauna ...

Comment réagirait le cadre moderne lambda abonné au "service pro" de la SNCF, à la lecture de cette énumération ? "je n'ai pas une minute à perdre, mon train doit être sans escale jusqu'à ma destination. J'ai une femme et des enfants à charge et leur sécurité m'importe plus que tout, je tiens à ce que les portes d'entrée et sortie du train soient sous vidéo-surveillance, vérouillées et blindées. L'hygiène est sans aucun doute le plus grand bond en avant de l'humanité du XXème siècle, je ne tiens donc pas à risquer une infection dans des toilettes insalubres (au risque de faire baisser l'espérance de vie moyenne de la planète). Pour moi ce sera un jet d'eau bien tiède et bien dirigé vers mes jolies petites fesses entretenues chaque semaine en salle de fitness. L'énergie du futur est bio. En attendant, ne gaspillons pas l'usage que nous faisons de nos énergies fossiles actuelles. Isolons au maximum et chauffons au minimum. A France Inter, ils ont pourtant également conseillé d'aérer le plus souvent possible pour renouveler un air, qui en circuit fermé, devient néfaste pour notre santé. Mais entre mon espérance de vie et la préservation de ma planète, mon coeur balance ..."

De mon côté, le choix est aussi simple que clair : le train roumain bien entendu !

http://vids.myspace.com/index.cfm?fuseaction=vids.individual&VideoID=28811469

mardi 19 février 2008

I am Beirut


I am Beirut
I used to be a beautiful city. Some people say I'm still as beautiful as I was before... I don't like me anymore. I scare my kids away. I kill my people unintentionally. I starve them to death. I even turn some of their brightest days to a funeral in a split of a second.
Every day I stand there, waving to all these people, mostly young, leaving on these big things they call airplanes. Jealousy kills me, knowing that they will go and enjoy grocery shopping in a street I've never heard of, smiling to a stranger who doesn't even know where their country is. Working hard and becoming successful. I wish they could be here with me, becoming successful with me. I feel helpless without them, thousands and thousands leave, few come back while I sit waiting and waiting and waiting.


A girl came to me the other day, young and beautiful. Wearing that white dress made her look like an angel. Stood at the 'Corniche' with a cup of coffee in her hand. She was staring at the sea with words coming out of her eyes:


'I miss you Beirut I miss your weather Miss your sea breeze Miss staring at you at night from my bedroom balcony. when the world is sleeping and there is only you and I Miss feeling loved Miss belonging to you Miss feeling the security. You don't know how hard it is to wake up every morning wondering if your parents or friends are ok, until you read the news and make a few phone calls in case there was an explosion. Try harder Beirut.....'

Tears filled my eyes and anger filled my heart. Didn't know what to say to comfort her! My body is heavy and scattered, my land enjoys blood and every now and then one of my veins explodes and many of my innocent kids die. I can't help it... I try...

'I want to come back and live here Beirut, next to my family, next to my dad and brother. I want to raise my kids in Beirut, just the way I was raised. Never knew the difference between a Muslim, a Christian Or a Jew. never heard about terrorism. Want my kids to grow up on discipline, respect, beliefs, freedom. and mostly integrity. What happened to you Beirut? You're no longer the same.

I turned and left didn't want to hear her anymore. She kept calling me but I never answered... She broke my heart, only because she was telling me the truth! I'm no longer the Beirut she once enjoyed when she was 4. They took my magic away.

Ashamed I am. I starve my people to death; I have no shelter for them anymore, no security, no love among each other. I'm in pain , I want to endure more, maybe, maybe someday my people will understand the pain I'm going through and help me stand instead of walking all over me. I don't blame them; they are hungry and poor.

She left on one of those big things called airplanes a few days later, sad, she looked back at me hoping to come back and see me at least in the same condition, but we both knew it was not the case, I screamed and screamed hoping for her to hear me.

I order you to come back. Yes I can't promise you security but I promise you that you and me can make it together, come back and bring all those people who once left. because I miss them, miss their faces and their laughs. Come back and fight for me, clean my body from those rotten creatures, change the world for me, help me stand. I can't do it alone.

I'm your city
I'm your mother
I'm your child
I'm Beirut

dimanche 17 février 2008

4 Minuten auf dem Diwan


Vier Minuten" est le dernier représentant en date du renouveau cinématographique allemand, après entre autres "Good Bye Lenin", "Head on", "die fetten Jahren sind vorbei", "der Untergang" ou bien encore "Das Leben der Anderen".
Une nouvelle fois, la psychologie est au coeur de se drame historique et artistique d'outre-Rhin, psychologie qui s'évertue à interpeler et interroger en permanence le téléspectateur. Comment une femme, au comportement très autoritaire, a-t-elle pu rester à donner des cours de piano dans une prison pour femmes pendant près de 60 années de sa vie, quelle relation souhaite-elle entretenir avec sa nouvelle élève-meurtière, qui possède un don éclatant pour la musique, quelles sont les blessures cachées de cette jeune élève au réactions aussi violentes qu'imprévisibles, à quel instant le génie peut-il sombrer définitivement dans la folie ?
Effectivement, nous sommes bien loin du pragmatisme anglo-saxon, différence qui se remarque très aisément à la lecture des magasines respectifs de ces deux régions du monde. L'Allemagne, après plus de 50 ans de culpabilité historique, est en pleine reconstruction de son identité. Cette reconstruction passe par une nouvelle compréhension de soi-même, un sens à donner à ses actions, et un nouveau rôle à jouer vis-à-vis des autres nations.
L'Allemagne se pose ainsi aujourd'hui en fin psychologue du Monde, et elle en possède à la fois les compétences et l'expérience nécessaires. Attention cependant à ne pas tomber dans une introspection trop prolongée de la complexité humaine, au risque d'un repli sur soi moral, repli à terme auto-destructeur. La jeunesse allemande, si fine observatrice de la société qui l'entoure et qui désire ardemmenent en maitriser le cours, oublie cependant l'essentiel, en assurer sa survie. Un peu de pragmatisme dans ce domaine, en complément de leur activité cérébrale brillante, ne ferait pas de mal à ce renouveau préssenti, pour en assurer sa longévité.

jeudi 14 février 2008

Raison & Passion, ces soeurs ennemies qui nous habitent

Dans chacun de nos choix de vie, nous faisons appel à l'une de ces deux entitées, la raison ou bien la passion. Or ces deux soeurs ennemies n'obéissent pas aux mêmes règles de cheminement, permettant à chacun d'entre nous de parvenir à une décision. Et il n'est pas rare de constater que face à un problème soulevé, elles trouvent un malin plaisir à nous proposer deux solutions ... totalement opposées.
La raison a le temps pour elle. Elle vous maintient dans un état de confiance, d'assurance même, et vous accorde une crédibilité au regard de la société. Pour autant, la raison demande de la constance, une abnégation que vous pourrez appeler selon les circonstances détermination ou bien ... résignation.
La passion travaille toujours dans l'urgence. A l'affût du moindre déclencheur d'émotion pour faire naître en nous une flamme de bien-être, chaude et attrayante, elle vous pousse paradoxalement vers un climat d'anxiété et de remise en question. Mais l'état de grâce ne dure pas, il est éphémère et ne vous laisse comme souvenir qu'une illusion de plus.
Pour autant, qu'en est-il lorsqu'il s'agit de transformer ces décisions en actes ?
La passion seule ne suffit pas. Ses bases sont bien trop fragiles, ses racines trop peu profondes. Les motivations qui nous pousseraient à l'action par son biais s'évanouissent aussi vite qu'est brûlant le désir qu'elle attise. L'oublier alors, en faire abstraction et n'obéir qu'à une pensée purement rationnelle au moment final du choix ? Pas si simple, car la passion nous nourrît à chacune de ses interventions, apporte le doute et la volonté de rupture. En d'autres termes, elle nous apporte changement et modernité.
La raison seule pêche par sa trop grande rigueur de pensée. Certes les actions proposées seront en parfaites adéquation avec les données de départ du problème, mais elles manquent d'attrait pour motiver durablement la personne à poursuivre dans cette voie. Le découragement guête l'homme par trop raisonné, à moins qu'il ne le camoufle derrière une routine quasi minutée.
Comment concilier alors raison et passion, et faire de ces soeurs ennemies les deux armes indissociables de toute action ?
Je n'ai malheureusment pas de réponse à cette dernière question. Par expérience, j'ai seulement appris que la raison nous forge une trâme de fond, une trâme à laquelle nous pouvons toujours nous raccrocher en période de tempête. Mais le cap proposé est toujours le même, invariant et monotone. Pour en modifier l'horizon, il faut nécessairement faire appel à notre passion, laisser parler nos désirs et notre imagination.
Ses deux forces se complètent donc à merveille, me direz vous alors, et n'avons donc qu'à en retirer les meilleurs fruits. Malheureusement, elles préfèrent à la cohabitation les luttes de tranchées, espérant à chaque nouveau réveil grapiller quelques mêtres de plus sur l'adversaire. L'équilibre ainsi crée est ainsi si fragile, qu'il ne demande qu'à rompre en la faveur de l'un ou de l'autre.
Mon idéal du moment serait tel qu'il suit: vivre dans un contexte de forte instabilité, qui implique une urgence de l'action (objectif: remplir notre mamelle passionnelle), mais n'apporter de réponse qu'en faisant le plus possible appel à ma pensée cartésienne (objectif: rassasier le nourisson assoiffé de raison). Il faut savoir se mettre en danger pour agir, mais seule une action rméthodique sait nous mettre à l'abri de cette menace. Comme je l'énonçais ci-dessus, "pas si simple" ...