jeudi 27 mars 2008

Nul n'est prophète en son pays



Quel étrange phénomène nous détourne de notre environnement proche et nous amène irrésistiblement à regarder vers un horizon plus lointain ? Est-ce la fuite de son quotidien, est ce un goût de l'aventure et de l'inconnu, est-ce une ouverture d'esprit noble et sage, est-ce la quête de réponses cachées, est-ce la curiosité et la recherche de l'autre, est ce l'extériorisation d'un mal être intérieur, est-ce l'intériorisation d'un conviction nomade, est-ce l'espoir d'une vie meilleur, est-ce le désir d'une existence plus simple ?

Les roumains rêvent de la France, les français de la vie de Bohème, les libanais s'exilent au Canada pour fuir la violence quotidienne, des étudiants canadiens s'agglutinent dans les ambassades du Moyen-Orient pour vibrer au rythme de l'actualité, les films de Bollywood se passent aujourd'hui à Londres, le cinéma indépendant anglais se penchent sur les minorités indies, les chinoises se font blanchir la peau à coups de crèmes cosmétiques, les fans de Desperate Housewife utilisent d'autres crèmes pour obtenir le même teint mâte qu'Eva Longoria ... On pourrait continuer cette liste des contraires bien longtemps.

Mais que retirer de ce constat troublant ? Que notre vie n'est qu'une fuite en avant, et que quelque soit l'endroit où nous sommes, nous aspirons toujours à un ailleurs meilleur, un paradis terrestre dont nous ne percevons que de vagues echos ?
Ce paradis terreste est avant tout à construire dans notre tête, cheminement intellectuel apte à modifier notre vision du monde, et en particulier notre monde le plus immédiat, le plus proche, celui dans lequel nous vivons chaque jour. Mais pour le construire, pourquoi justement ne pas profiter de tous ces flux contradictoires cités ci-dessus ? Allons puiser chez l'autre ce qui nous conviendrait dans son mode de vie, et faisons le notre. Multiplions les échanges dans les deux sens, faisons tout bonnement tomber les barrières, pour ainsi perdre toute velléité de les franchir. Allons puiser ailleurs ce qui nous fera du bien ici même. ET nous seront proches d'une nouvelle forme d'échange épanouissante, l' "échange sédentaire" !


portons la voix de ces prophètes étrangers dans notre propre pays


dimanche 23 mars 2008

Postulat pour un Bollywood Arabe


Lettre à la réalisatrice libanaise Nadine Labaki:

"Le 8 mars dernier, j’assistais à une conférence de réalisatrices du monde arabe à l’Institut du monde arabe (Paris), dans le cadre des journées de la caravane du cinéma euro-arabe. Au cours de cette conférence, les réalisatrices présentes (Joana Hadjithomas, Narjiss Nejjar …) ont lancé les bases d’une union des réalisatrices du monde arabe et un projet de film commun (sur l’exemple du film Paris, je t’aime). En espérant de tout cœur que ce nouvel élan ne restera pas sans lendemain et qu’il aboutira sur de beaux et réels nouveaux projets collectifs.

Au cours de cette conférence, des remarques insistantes sont venues du public, demandant aux réalisatrices présentes de se rendre, à travers leur art, plus accessibles par moment auprès du Grand Public. On s’en rend bien compte actuellement en France avec le phénomène du film Bienvenue chez les ch’tits. Avec un scénario et des personnages certes consensuels, le grand public s’identifie et adhère finalement pleinement à l’histoire, les émotions, les doutes et les joies de leurs protagonistes. Loin de moi l’idée que l’ensemble des films du cinéma devrait exercer cette complaisance à l’égard du grand public, mais il lui doit cependant bien cette récompense de temps à autre. Il y a un cinéma pour revendiquer, et un autre pour rêver.

D’où peut être l’idée, en parallèle de films arabes engagés et réalistes, de créer une nouvelle forme de cinéma arabe, qui aurait pour mission à travers la danse, les chants, la beauté des paysages et l’envoutement des chorégraphies de réconcilier le grand public, aussi bien arabe qu’occidental, avec une forme de cinéma tournée vers le rêve et l’enchantement. Avec bien sûr toujours la possibilité d’y glisser quelques messages bien sentis. Mais l’essentiel étant de conquérir un public plus large, tout en proposant un spectacle de qualité.

Vous qui êtes passée par les clips de chanson grand public, qui mieux que vous pourrait insuffler ce nouveau souffle au cinéma arabe, et libanais en particulier? Vous en êtes capable, et en simple spectateur et admirateur de votre œuvre, je fonde tous mes espoirs en vous"

Blackberry: l'esclavage moderne porte un nom

Le weekend-end dernier, je rendais visite à un ami sur Londres, redevenue capitale des banques et de la finance mondiales. Sous prétexte d'améliorer constamment la communication entre leurs employés, les grandes banques d'affaires dotent gracieusement chacun de leurs nouveaux arrivants de ce bel objet noir cerné de chrome, de son doux nom "Blackberry". Mais en lieu et place de belles et juteuses myrtilles, ce sont des mails en pagaille que cueillent à toute heure du jour et de la nuit ces cobayes de la communication moderne. Reliés en permanence aux places de marché planétaire (il est stipulé au cours de leur première semaine de formation l'interdiction stricte d'éteindre leur blackberry la nuit), leur moindre période de repos reste suspendue au bon vouloir de cet objet insomniaque, prêt à dégainer à tout moment, pour les tirer d'un sommeil réparateur pourtant nécessaire. Résultat des courses, ces golden boys de la finance en perdrent toute vie sociale, toute forme d'humanité (le simple fait de manger devient une contrainte à leurs yeux), et au final leur âme, pour un instrument qui joue un rôle de cordon ombilical permanent avec le monde du travail. Le mot déconnexion n'existe plus ...

De ce triste constat me vient une question simple: nos nouvelles technologies vont-elles bien toutes dans le sens d'un mieux être pour notre société et leurs membres ? Aux vues de cet exemple, on est en droit de se poser quelques légitimes questions. Mais toute est question de dosage dans son utilisation me direz-vous. Vous connaissez pourtant la faiblesse humaine, si la tentation est là, pourquoi s'en détournerait-on ?

Communiquons donc, encore et toujours, constamment, sans retenue, bienvenue dans la robotisation des relations humaines. Je préfère encore retourner à mon jardin ...


Like Electricity


Teacher: "What does it feel like when you're dancing ?"

Billy Elliot: "I don't know ... it sort of feels good ... it' sort of stiff and that, but once I get going, I Like, forget everything ... and ... I sort of disappear ... like I feel a change in my whole body ... like there is a fire in my body ... I'm just there ... flying ... like a bird ... like electricity ... Yeah, electricity"







Cet enfant de 11 ans, fils de mineur anglais, tient ces quelques phrases en face d'un jury de danse classique à l' "English Royal Ballet School". Suite à cette audition, il deviendra quelques années plus tard un danseur professionnel, se nourrissant et vivant de son art.

Qui n'a jamais rêvé de posséder un tel don, un tel talent que l'on pratique sans finalement se poser de question, et qui vous guide simplement tout au long de votre existence. Ce rêve est-il le privilège d'une poignée, sorte de génies sur qui une fée se serait penchée sur leur berceau et prodiguée une grâce rare ?

Difficile de répondre. Il apparait également dans ce film, que ce jeune garçon reste tourmenté par son talent, mais également par le regard que son entourage porte sur son comportement. L'éclosion d'un véritable talent est alors le fruit d'un long et difficile apprentissage sur soi-même, d'un environnement de confiance né autour de soi et au final ... de beaucoup de travail pour concrétiser ce talent.

Qui n'a jamais ressenti cette flamme brulante au fond de soi, cette flamme qui décuple votre confiance et votre envie d'agir, cette flamme qui vous empêche de tenir en place, cette flamme qui vous donne envie de sourire au monde entier. Cette flamme n'est qu'une forme détournée de l'amour. L'amour envers une personne, l'amour envers son art, l'amour envers son activité. Tout est lié, et la personne qui saura faire naitre, préserver et grandir cette flamme en lui éprouvera un immense bonheur, qu'il transmettra naturellement à son entourage.

Allez donc cultiver votre flamme ...

mercredi 12 mars 2008

Wake up Morocco


Couleur des îles, couleur Vanille
Ta peau couleur noisette

Ta peau est à la fête

Mélange entre Sud et Nord

Un mélange, ton mélange

J'en veux encore et encore

Rien n'est facile dans ton îlot

Les orphelins n'ont pas la vie belle

Le pêcheur s'ennuie, fait des nœuds dans ses ficelles

Les voyantes ne voient plus rien

L'avenir reste incertain

Tu aimeras te réveiller

Dans un monde un peu trop coloré

Fais de croisements, de métissages

à 20 ans, on arrête d'être trop sage

Tu as voulu te révolter

Non, en fait tu as voulu résister

Contre leur censure, leurs idéaux

Leurs principes plein de toiles d'araignée

Des principes cachant tant et tant d'atrocités

Ils l'ont fait payer ta différence

Battue, noyée, rasée

Séjour à l'hôpital tous frais payés

Un sentiment de rage, des larmes de sang

Un esprit fracassé, celui d'une enfant

Il y avait ces autres, il y a cet autre

Cet autre qui t'admire, t'aime, te chérit

Ces yeux à lui pétillent, ils sont pleins de rêves

Son envie d'y croire, sans le savoir, te soulève

Etre un champion, il l'a toujours voulu

Etre ton champion, pour ça il s'est battu

Cet autre est sans arrogance

Sa tolérance te suffit

Il est beau, il est fort, c'est un vrai mec

Lui au moins veut t'emmener

autre part qu'à la Mecque

Réveille-toi Maroc

Tu as dit ça, t'avais 12 ans

Prends ton envol, emplies toi de certitudes

Change d'attitude, change de regard

Cesse tes longues marches

Paré de tes yeux hagards

Prends la peine de regarder devant

Tes lendemains sont inscris

dans l'espoir de tes enfants


Jeanne MAZEROLLES




vendredi 7 mars 2008

Le musée de l'homme

David Abiker nous mettais en garde à travers son essai Le musée de l'homme ou le fabuleux déclin de l'empire masculin sur l'évolution actuelle des rapports amoureux entres hommes et femmes.
En cette journée de la femme en France, l'équipe de Microfilm dans ta chambre va encore plus loin en imaginant l'évolution de nos rapports sentimentaux d'ici à quelques années. Nous sommes en 2012, et ça fait froid dans le dos. Regardez plutôt, on est finalement assez éloigné de la science-fiction :




Célibataire
envoyé par MicrofilmDansTaChambre