Le weekend-end dernier, je rendais visite à un ami sur Londres, redevenue capitale des banques et de la finance mondiales. Sous prétexte d'améliorer constamment la communication entre leurs employés, les grandes banques d'affaires dotent gracieusement chacun de leurs nouveaux arrivants de ce bel objet noir cerné de chrome, de son doux nom "Blackberry". Mais en lieu et place de belles et juteuses myrtilles, ce sont des mails en pagaille que cueillent à toute heure du jour et de la nuit ces cobayes de la communication moderne. Reliés en permanence aux places de marché planétaire (il est stipulé au cours de leur première semaine de formation l'interdiction stricte d'éteindre leur blackberry la nuit), leur moindre période de repos reste suspendue au bon vouloir de cet objet insomniaque, prêt à dégainer à tout moment, pour les tirer d'un sommeil réparateur pourtant nécessaire. Résultat des courses, ces golden boys de la finance en perdrent toute vie sociale, toute forme d'humanité (le simple fait de manger devient une contrainte à leurs yeux), et au final leur âme, pour un instrument qui joue un rôle de cordon ombilical permanent avec le monde du travail. Le mot déconnexion n'existe plus ... De ce triste constat me vient une question simple: nos nouvelles technologies vont-elles bien toutes dans le sens d'un mieux être pour notre société et leurs membres ? Aux vues de cet exemple, on est en droit de se poser quelques légitimes questions. Mais toute est question de dosage dans son utilisation me direz-vous. Vous connaissez pourtant la faiblesse humaine, si la tentation est là, pourquoi s'en détournerait-on ?
Communiquons donc, encore et toujours, constamment, sans retenue, bienvenue dans la robotisation des relations humaines. Je préfère encore retourner à mon jardin ...

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